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sablierL’euphorie est un sentiment de bien-être, de béatitude et de plénitude. Je ne parle pas du terme médical utilisé dans les troubles de l’humeur mais bien du phénomène transitoire associé à la prise de morphine d’après Friedler (1875). Toute sa vie de consommation, le morphinomane recherchera cette euphorie de la première fois. Qu’il s’agisse d’une prise de drogue, d’une descente en ski parfaite, d’une rencontre exceptionnelle ou d’un paysage idyllique, sachez que les sentiments ressentis lors de la première fois ne pourront jamais se reproduire. Nous recherchons aussi ce ressenti de la première fois, sans jamais y parvenir. Pourtant, nous courons toujours après lui. La première fois sert d’ancrage et de moyen d’évasion au même titre que le travail, le déni, l’alcool, la colère, la projection, etc. Cette quête continuelle devient vite un esclavage. Si on focalise sur le passé, cela devient une source d’essais répétitifs sans fin avec la souffrance en prime. La première fois est une construction mentale basée sur le souvenir. Le moment présent deviendra aussi une relique du passé que nous imaginerons. En prendre conscience nous rend plus libre. Libre d’intégrer chaque moment à la manière d’un nouvel ingrédient dans une pâte à gâteau… libre de le vivre intensément.

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