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neigeMa maison me protège. Je l’habite depuis plusieurs décennies. Elle  est modeste. Elle fait partie d’un lot d’habitations construites par le gouvernement pour les vétérans de la dernière grande guerre. Elle a un étage et demi. Pas vraiment sur la coche. Comme moi. Avec  l’aide des amis et des personnes avec qui je l’ai partagée, nous l’avons retapée. Je lui ai souvent faussé compagnie à cause de mon travail et de mes nombreux voyages. Elle ne paie pas de mine  mais son intérieur me convient et me ressemble. J’ai dû me battre pour conserver l’intégralité de son terrain de même que pour conserver ma santé. Elle besoin d’un entretien minimal autant que constant.

Récemment, j’ai été maintenue en convalescence chez moi, chez elle. J’avais perdu confiance en mon corps et vécu beaucoup de tristesse en devant renoncer définitivement à tous mes  sports préférés. Ce matin, de la fenêtre donnant sur mon jardin d’hiver, je regardais la neige  tomber.  J’ai revécu la même sensation admirative   que du haut de la montagne avant de dévaler une piste de ski. Sentiment à la fois de finitude et de complétude  propre à l’état contemplatif. Un instant hors du temps.  Ma maison est toujours debout et moi je suis encore vivante.

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