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méditationLa joie se revêt de multiples visages. L’expression « les filles de joie » rend bien compte de son caractère factice présent aussi dans les jeux vidéo, les lotos ou les séries télévisées. Ce sont des enveloppes qui cachent souvent un noyau de souffrance incommensurable. En principe, toutes les joies sont bonnes au moment où on les vit. Un soir, je tenais compagnie à une dame d’un âge vénérable qui a été active toute sa vie, tant dans le domaine professionnel que social. Alitée, triste et malade, je l’ai vue se transformer en écoutant une chaîne télé qui rediffusait des anciens programmes qu’elle avait aimés. Un sourire s’est dessiné sur ses lèvres. Un moment de détente. Nous voyons la différence entre elle et une personne en bonne santé collée sur son fauteuil devant son écran des heures durant. Joie illusoire souvent accompagné d’un sentiment de culpabilité dans notre société qui prône la productivité. En même temps, il y a dans ce déni une fuite de la réalité.

Le véritable chercheur de joie sort de ce piège en faisant face, en acceptant la partie de souffrance impliquée dans toute vie. Ce faisant, il lui donne un sens. Autrement dit, s’il faut apprendre à se réjouir. il faut aussi apprendre à être triste. Et comme disait Thomas Merton : nul n’est une île. En ce sens, le partage de nos émotions augmente notre rayon d’action tout en élargissant notre espace de liberté.

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