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Nous parlions, ma soeur et moi, d’une forme d’oasis où nous reposer du fracas du monde. Elle m’expliquait que, pour elle, son habitation est son oasis. J’ai compris son plaisir à l’embellir, à en prendre soin et sa difficulté à le quitter. Quelques’uns de mes neurones se sont excités sous une brève illumination de ma conscience. J’ai saisi que j’habite ma maison en nomade. Et que je pourrais extérioriser mon oasis intérieur. Sous prétexte que la vie est courte et que j’ai autre chose à faire, j’ai souvent négligé l’apparence et le confort  de mon environnement. Au contraire, je pourrais expérimenter d’être présente dans un lieu comme si c’était un état permanent. Un souvenir m’est revenu. J’avais déjà eu un avant-goût de ce désir lors de la location d’une maisonnette près de l’eau en Acadie. J’étais là depuis quelques jours lorsqu’une voisine m’invita à boire un café. Elle était venue du Québec en autobus pour deux semaines. Elle avait recouvert les canapés et les chaises d’un drap blanc. Elle avait pris la peine de transporter ses draps. C’était propre et ça fleurait bon la lavande. Je me souviens avoir eu envie de m’asseoir et de boire ce café. Moi, j’étais là pour écrire et mon environnement ne m’intéressait guère. Maintenant je pense que cette femme m’avait livré un peu de son bonheur. On admire souvent ceux qui sont différents de nous à la condition de trouver leur motivation. Le temps n’existe pas dans le puits des souvenirs.

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