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En revisionnant La guerre du feu, j’ai pensé que les premiers hommes devaient appréhender l’univers dans un état subtilement différent du nôtre. Pas de sciences, une pensée dite primitive, peu de raisonnement sinon un stade opératoire concret et, par-dessus tout : une innocence par laquelle la beauté et la fragilité du monde passaient à travers eux. Comme le jeune enfant. La fillette qui s’émerveille en écoutant le chant des grenouilles se trouve rapidement envahit par les propos de l’adulte qui la sortent de son Eden. En tentant de lui apprendre le nom de la grenouille qui chante ou en l’associant à une image, l’adulte la forme pour la société.  Désormais l’expérience de la fillette ne sera plus jamais aussi directe car elle sera associée à un concept, à un nom, à une image ou à une performance. Autrement dit, l’écoute de ce chant sera filtré par la pensée. Et ainsi de suite, parce que c’est ainsi qu’on éduque sa progéniture.  Si elle n’est pas vigileante, elle perdra ce plaisir tranquille qui est d’écouter le bruissement de la nature, implantée dans le présent, dans un intime contact. Nous avons toujours la liberté de retrouver cette plénitude de l’aube de l’humanité pour nous retirer du fracas du monde ou, tout simplement, pour la ressentir en arrière-plan de nos activités quotidiennes.

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