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La dispute est étroitement liée aux multiples jeux de pouvoir de notre espèce. Son but est rarement de résoudre un problème. Elle contribue plutôt à éloigner l’autre et à éviter d’entrer en relation intime avec lui. Que ce soit entre un vendeur et son client, entre deux amants ou entre un parent et son enfant rappelons-nous que c’est un jeu qui se joue à deux. Les vrais enjeux ne sont jamais cités, les véritables émotions jamais montrées et la vérité est balayée sous le tapis. Lorsque un des protagonistes cesse de participer,  par exemple un professionnel compétent au bureau des plaintes ou un thérapeute payé pour vous écouter, le jeu de pouvoir cesse pour se transformer en résolution de problème. Alors, les accusations et les culpabilisations s’atténuent pour faire place à une prise de responsabilité. Quelquefois, nous amorçons une altercation à la seule fin de recevoir de l’attention. Aussi des personnes battues durant leur enfance en viennent inconsciemment à croire que cette forme de contact est mieux que rien. Il n’est pas rare, dans un couple, de voir les rôles de persécuteur et de victime s’inverser. On assiste alors à une confirmation des croyances négatives de chacun par le partenaire avec leur panoplie d’introjections et de projections. Dans une dispute, nous sommes six entités à interagir c’est-à-dire : X, Y, ce que pense X de Y, ce que Y pense de X, ce que X imagine que Y pense et ce que Y imagine que X pense. Un bouquet de fleurs peut-il arranger ça ?

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