Engagement

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héliographieLa plupart de des êtres humains se posent des questions sur le sens de l’existence mais ne sont aucunement prêts à assumer les réponses. Combien de fois vous arrive-t-il de dialoguer avec une personne qui pose une question de fond, que vous ayez un indice de réponse à partager avec elle mais que cette dernière change de sujet ? Un virage à 180 degrés. Souvent avec des signes anodins : changement de regard, remarque sur une automobile qui passe ou sur le goût du café. Vous savez que votre réponse n’a plus de valeur. La question qui semblait si importante devient une garniture de la vie. Nous pouvons croire que c’est de la procrastination ou de la fatigue décisionnelle. En fait, c‘est un engagement avorté. 

Le besoin inscrit dans toute conscience de donner un sens à sa vie est systématiquement dévié. C’est devenu un réflexe conditionné et renforcé par de multiples déceptions dont la nature est de ne pas tenir ses engagements envers la personne la plus importante et avec qui on a fait le plus de promesses : soi-même. Certains se réveillent un matin et décident de prendre leur vie en mains tandis que d’autres ne croient plus en leur capacité de faire des choix. Il est bon de savoir que le cerveau est malléable à n’importe quel âge et que l’image que nous avons de notre moi est une fabrication de l’esprit.

Masquage

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masque.JPGDans notre société de consommation, qui est en pleine mutation actuellement, il y a encore des gens pour qui le regard de l’autre est plus important que le leur. Qui cet autre voit-il lorsqu’il nous aperçoit ? Ce regard devient la norme, de même que le recours aux stratégies d’illusion. Spectacle de camouflage. Jeu des apparences duquel découle la naissance de la mode dans toute son ampleur. Les valeurs vestimentaires et cosmétiques prennent le dessus sur les relations de soi à soi. La maison, la voiture, les vacances, le design, la nourriture et que sais-je encore. Le temps se meuble d’achat d’objets inutiles. Même le corps se doit d’être réformé, tatoué, percé, remodelé, rajeuni. Il est devenu un instrument de prestige au même titre que les voisins gonflables veulent s’acheter un statut social. Une mutation s’impose. Pourquoi ? Parce que réduire l’artifice ouvre la porte vers une libération du paraître au profit de l’être.

Changement

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mémoirePour faire suite à mon article sur l’interdépendance, voici quelques trucs pour ceux qui désirent initier un changement dans leur vie. Comme pour le processus décisionnel, nous voulons éviter que le choix survienne après de longues et épuisantes sessions de réflexion qui laisse le décideur vidé de son énergie et quasi agonisant. Plus tard, il risque encore de se demander s’il a pris le bon chemin. Que cela concerne le travail, les relations personnelles, un déménagement, un voyage ou tout simplement le choix d’un menu, un petit écart dans votre quotidien peut entraîner un grand bouleversement. Par exemple : marcher pour se rendre au métro au lieu d’utiliser l’autobus, troquer une heure de télévision pour une heure de lecture, se donner cinq minutes pour faire du yoga chaque jour. Voici un exercice qui fonctionne à tout coup : la méditation du STOP. Elle qui ne dure qu’un instant et elle est très puissante. Lorsque vous y pensez et que c’est possible, gelez sur place durant trente secondes. Transformez-vous en statue et observez-vous. Automatiquement, le flux du monologue intérieur ralentit pour faire place à une prise de conscience. Ce court exercice, répété sans effets secondaires toxiques, donnera du poids à l’authenticité de vos choix. En ce qui me concerne, je trouve plus facile de vivre une transformation en intégrant un seul petit geste que de viser un soudain et grand chambardement qui risque d’être inatteignable.

Chacun sa voie

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héliographieIl y a plusieurs façons de parvenir à l’Éveil, c’est-à-dire, de sortir de la caverne de Platon ou, au moins, d’entrevoir l’existence du monde des Idées. Certains passent par l’art ou la poésie, d’autres par la philosophie ou la spiritualité. Les « expériences de pensée » de la science en font aussi partie ouvrant une brèche avec la mécanique quantique et la relativité. Notre recherche d’absolu nous pousse à nous connecter au monde. Le sentiment d’isolement nous fait souffrir au même titre que l’exclusion qui nous est insupportable. Ce qui m’amène à parler d’un des concepts du bouddhisme : l’interdépendance. J’ai longtemps confondu autonomie, liberté et indépendance. Comme en mathématiques, aucun objet n’existe en soi. Tout objet se définit en relation avec un autre. De même pour nous. Nous percevons les choses du monde  comme séparées, y compris nous-mêmes (l’intérieur de la caverne). Ceci est une illusion. Nous sommes tous interdépendants et unis dans l’Univers (l’extérieur de la caverne). On en  trouvera un bon exemple en météorologie avec l’effet papillon. Comme dirait Hubert Reeves, tout est fait de poussières d’étoiles. Lorsque cette réalité est entrevue, une grande consolation s’installe. Ce peut être le début, non de la quête, mais de l’accueil du Réel.

La joie

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méditationLa joie se revêt de multiples visages. L’expression « les filles de joie » rend bien compte de son caractère factice présent aussi dans les jeux vidéo, les lotos ou les séries télévisées. Ce sont des enveloppes qui cachent souvent un noyau de souffrance incommensurable. En principe, toutes les joies sont bonnes au moment où on les vit. Un soir, je tenais compagnie à une dame d’un âge vénérable qui a été active toute sa vie, tant dans le domaine professionnel que social. Alitée, triste et malade, je l’ai vue se transformer en écoutant une chaîne télé qui rediffusait des anciens programmes qu’elle avait aimés. Un sourire s’est dessiné sur ses lèvres. Un moment de détente. Nous voyons la différence entre elle et une personne en bonne santé collée sur son fauteuil devant son écran des heures durant. Joie illusoire souvent accompagné d’un sentiment de culpabilité dans notre société qui prône la productivité. En même temps, il y a dans ce déni une fuite de la réalité.

Le véritable chercheur de joie sort de ce piège en faisant face, en acceptant la partie de souffrance impliquée dans toute vie. Ce faisant, il lui donne un sens. Autrement dit, s’il faut apprendre à se réjouir. il faut aussi apprendre à être triste. Et comme disait Thomas Merton : nul n’est une île. En ce sens, le partage de nos émotions augmente notre rayon d’action tout en élargissant notre espace de liberté.

Mystère

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mystèreIl est difficile de croire que les sentiments qui nous animent ne sont que le résultat de connections neuronales. Pensons à la tendresse, à la répulsion, à la joie, au chagrin mais surtout au sentiment de transcendance qui est apte à illuminer toute vie humaine et à lui donner un sens. D‘après les neurobiologistes, même l’extase devant la beauté et la grandeur de l’univers en serait le fruit. La science est encore loin de comprendre de quelle façon nous aimons et créons.

Nous savons que plusieurs théories scientifiques expliquent les mêmes faits. À ce sujet, je recommande fortement la lecture de DÉSIR D’INFINI. Des chiffres, des univers et des hommes de Trinh Xuan Thuan. Quant à moi, pour le moment, je me range à l’opinion d’Einstein c’est-à-dire que l’univers est comme une montre dont l’intérieur du boîtier nous est inaccessible. Nous entendons le tic-tac, nous observons le mouvement des aiguilles. Nous en imaginons le mécanisme sans jamais pouvoir le comparer au réel. Notre modèle est-il exact ? Nous ne le saurons peut-être jamais. Là réside le mystère.

Choix et Schatten

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voyageurSuite à des discussions avec parents et amis, je vous livre le résultat de ma réflexion sur l’illusion commune de notre liberté de choisir. Surtout, dans ce temps des fêtes où le choix d’un vin, d’un plat, d’un cadeau ou d’une décoration nous amènent cette question : avons-nous fait le bon choix ? La multiplicité de l’offre fait surgir un certain désarroi comme lorsque, devant la télévision, nous zappons entre une centaine de chaînes sans arriver à nous accrocher à un seul programme. La société de consommation dans laquelle nous baignons influence aussi nos choix de vie : carrière, loisirs, destination de vacances. La profusion devient hésitation et source d’angoisse. Nous pensons devenir les seuls responsables de notre destin, d’où un sentiment de culpabilité ou d’échec lorsque nous ne choisissons pas la bonne option. C’est oublier les valeurs sociétales, culturelles et idéologiques sur lesquelles flottent notre rationalité.

Dans la plupart des commerces, nous pouvons retourner ou échanger un produit. Ce qui nous porte à croire que chacun de nos choix dans notre vie personnelle est réversible et que nous pouvons toujours obtenir mieux que ce que nous avons. Condamnés à une insatisfaction continuelle semblable au remords de l’acheteur, comment s’en sortir ? Bien sûr, il y a les contraintes qu’on s’inflige soi-même dans l’espoir de s’extirper de ce malaise devenu existentiel : addiction, compulsion, appartenance à des sectes, abus de séances de développement personnel, syndrome de surentrainement. Malheureusement, ces comportements réduisent encore plus notre liberté. Ils ne contribuent en rien à épanouir notre vie ni à lui donner un sens.

Il y a mieux : accepter l’ombre dont parle Sartre. C’est-à-dire l’angoisse qui accompagne toute forme de choix, car en privilégiant une option nous renonçons à toutes les autres. Thème abordé dans mon article La fatigue décisionnelleAccepter aussi que l’ombre de Jung fait partie de notre vie. Nous flottons sur une mer inconnue comme un iceberg don,t seule, la pointe est visible. Schatten m’a dit une amie allemande. Prononcé avec force, Schatten recèle un côté obscur et prononcé avec douceur, il réfère à l’ombre bienfaisante du feuillage d’un arbre par une chaude journée d’été.

L’être-là marquisien

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P1040289Ce qui m’a le plus frappée au retour de mon escapade aux Îles  Marquises est la façon dont ses habitants appréhendaient le temps. Des traces en  subsistent encore de nos jours. Comme dirait Heidegger, la notion de temps est  tributaire de la culture et de la langue. Leur quotidienneté est vraiment ancrée dans le présent. Le futur n’existe presque pas comme le témoigne leur utilisation du langage. Seul, le futur immédiat s’impose. Ce qui diminue l’angoisse et l’anxiété. Au contraire de nous, ils sont tournés vers le passé. Ils regardent vers le passé et tournent le dos au futur. Il s’ensuit une grande fierté pour leur expérience personnelle et un respect pour toute forme de savoir à partager. Remords et regrets semblent se transformer en apprentissage. La notion de « has-been », anglicisme utilisé ici de façon péjorative, est difficile à saisir pour un Marquisien. Les dates et les lieux sont moins importants que l’émotion rattachée à un événement. Et c’est cela qu’ils nous racontent. Le et le quand sont plutôt brumeux. Influencée par leur vision du monde, je me suis rappelé ce qui, jadis, m’avait donné beaucoup de joie : dessiner, rêver, me promener sans but, regarder la neige tomber, admirer l’ombre et la lumière, c’est-à-dire être présente au monde et à moi-même. Ce que nous avons tous vécu, à certains moments, durant l’enfance.

Créativité

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encaustiqueIl arrive un moment où l’ego se laisse distancer par le pur plaisir de créer. Une paix s’installe alors au plus profond de nous. « Pour réussir une belle oeuvre, ce n’est point à l’oeuvre qu’il faut se consacrer exclusivement, c’est à soi-même. » Cette citation de Jean Prévost tirée de Plaisir des sports me semble s’appliquer parfaitement à une vie d’artiste. Cette petite phrase m’a confortée dans mes choix. Plusieurs l’ont compris bien avant moi. Pour certains, le prestige et la renommée leur sont tombés dessus pendant que d’autres vivent cela dans l’anonymat de leur quotidienneté. J’ai découvert que si je m’entoure de mes oeuvres préférées, lorsque je passe près d’elles, je me sens énergisée. Cela me renvoie aussi quelque chose d’inconnu de moi. C’est comme un révélateur. En même temps, cela me rapproche d’autrui. Alors que l’ego se préoccupe de l’opinion, angoisse et souffre, ici, il n’y a aucune blessure narcissique à panser.

Dilemme

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encaustiqueNous savons que la relation d’aide nous accompagne tout au long de notre vie. Depuis notre venue au monde jusqu’à notre dernier souffle. Pourtant, elle peut devenir aussi  l’instigatrice d’un affreux dilemme. D’après notre société atteinte de normose, refuser de demander de l’aide est jugé comme une résistance à la guérison. Par contre, demander de l’aide est aussi une forme de résistance contre notre propre ajustement créateur.  Deux options ne constituent pas un choix. C’est simplement un dilemme qui vient ajouter du poids à nos difficultés. L’idée est de créer d’autres avenues. Comment ? En cessant de nous identifier à la situation-problème.

Durant le krach de 1929, certains se sont suicidés. Tellement empêtrés dans leurs finances ils ont fini par s’identifier à cette  fraction de leur vie, incapables de prendre du recul. Chacun de nous connait cette impression que la douleur actuelle durera toute la vie. En accompagnement, arrivent la tristesse, le pessimisme, les émotions violentes et l’état dépressif. Tout pour empêcher l’intelligence de fonctionner adéquatement.

Pendant les années durant lesquelles j’ai fait partie d’un club d’astronomes amateurs, l’observation des planètes, étoiles, galaxies et autres me plongeait dans un état de grande délivrance. J’obtenais une vision cosmique de mes problèmes qui tout d’un coup m’apparaissaient microscopiques pour enfin s’évader de mon mental. J’avais trouvé un moyen de briser l’identification. D’après Kant  le Moi est l’artiste de la vie.  D’ailleurs, ne dit-on pas « Rien n’est ni tout noir, ni tout blanc » ? Une phrase de nos grand’mère qui nous permet de changer de lunettes. Plus nous avons de choix, mieux on se porte.