La vie en solo

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Aimer, travailler, sortir. La vie en solitaire est-elle un mode de vie de luxe destiné aux pays développés ? Et pourtant le statut du célibataire n’a pas toujours été désirable, ni même admis. C’était plutôt vu comme un naufrage personnel. Les hommes se servaient de leur force physique et les femmes de leur ventre pour assurer la cohésion sociale. La bagarre et la maternité étaient des valeurs de base pour survivre.  L’état n’aidait en rien la collectivité car  l’économie de subsistance reposait sur l’unité familiale. Ceux qui ne se conformaient pas se sentaient couverts de honte. Lire à ce sujet Mourir de dire la honte de Boris Cyrulnik.
Mais de tout temps le célibat a eu ses défenseurs. Saint Paul disait à qui voulait l’entendre que le mariage était un choix de dernier recours.  Pascal, philosophe et mathématicien, s’imaginait que la vie de couple nuisait à l’ascension de l’homme. De nos jours, plusieurs pensent encore qu’un grand amour est un obstacle à la réussite dont Tabarly qui s’en est privé jusque dans la soixantaine.
Toute notre reconnaissance aux pionniers qui ont oeuvré afin que ce mode de vie ne stigmatise plus ses adeptes. Nous pouvons vivre seul, en toute liberté, de façon temporaire ou permanente. Présentement, les célibataires sont majoritaires dans la plupart des grandes villes.

Prendre conscience sans filtre

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En revisionnant La guerre du feu, j’ai pensé que les premiers hommes devaient appréhender l’univers dans un état subtilement différent du nôtre. Pas de sciences, une pensée dite primitive, peu de raisonnement sinon un stade opératoire concret et, par-dessus tout : une innocence par laquelle la beauté et la fragilité du monde passaient à travers eux. Comme le jeune enfant. La fillette qui s’émerveille en écoutant le chant des grenouilles se trouve rapidement envahit par les propos de l’adulte qui la sortent de son Eden. En tentant de lui apprendre le nom de la grenouille qui chante ou en l’associant à une image, l’adulte la forme pour la société.  Désormais l’expérience de la fillette ne sera plus jamais aussi directe car elle sera associée à un concept, à un nom, à une image ou à une performance. Autrement dit, l’écoute de ce chant sera filtré par la pensée. Et ainsi de suite, parce que c’est ainsi qu’on éduque sa progéniture.  Si elle n’est pas vigileante, elle perdra ce plaisir tranquille qui est d’écouter le bruissement de la nature, implantée dans le présent, dans un intime contact. Nous avons toujours la liberté de retrouver cette plénitude de l’aube de l’humanité pour nous retirer du fracas du monde ou, tout simplement, pour la ressentir en arrière-plan de nos activités quotidiennes.

Nomadisme

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Nous parlions, ma soeur et moi, d’une forme d’oasis où nous reposer du fracas du monde. Elle m’expliquait que, pour elle, son habitation est son oasis. J’ai compris son plaisir à l’embellir, à en prendre soin et sa difficulté à le quitter. Quelques’uns de mes neurones se sont excités sous une brève illumination de ma conscience. J’ai saisi que j’habite ma maison en nomade. Et que je pourrais extérioriser mon oasis intérieur. Sous prétexte que la vie est courte et que j’ai autre chose à faire, j’ai souvent négligé l’apparence et le confort  de mon environnement. Au contraire, je pourrais expérimenter d’être présente dans un lieu comme si c’était un état permanent. Un souvenir m’est revenu. J’avais déjà eu un avant-goût de ce désir lors de la location d’une maisonnette près de l’eau en Acadie. J’étais là depuis quelques jours lorsqu’une voisine m’invita à boire un café. Elle était venue du Québec en autobus pour deux semaines. Elle avait recouvert les canapés et les chaises d’un drap blanc. Elle avait pris la peine de transporter ses draps. C’était propre et ça fleurait bon la lavande. Je me souviens avoir eu envie de m’asseoir et de boire ce café. Moi, j’étais là pour écrire et mon environnement ne m’intéressait guère. Maintenant je pense que cette femme m’avait livré un peu de son bonheur. On admire souvent ceux qui sont différents de nous à la condition de trouver leur motivation. Le temps n’existe pas dans le puits des souvenirs.

Imperfection

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Les activités comme dormir, se lever, se nourrir, se laver, respirer sont le fondement de l’estime de soi. La personne privée de plaisir en les accomplissant est privée d’elle-même. Elle ressent un sentiment d’exclusion. Plusieurs d’entre nous font cela à la va-vite. C’est de l’autosabotage. La vie devient insupportable. Elle se transforme en recherche d’expériences extraordinaires souvent suivies d’immenses déceptions. Ou alors, elle mute vers une course à la perfection. Somme toute, c’est la meilleure façon d’évacuer tout bonheur immédiat. Connaissez-vous le wabi sabi ? Pour contrer cette tendance vers le perfectionnisme, c’est certainement  un filon plus qu’utile. Il s’agit d’un concept clef de l’esthétique japonaise. Le wabi sabi vénère ce qui est basique, naturel, unique et imparfait. Des marches de pierre usées par de nombreux passages, un sac de cuir tout ramolli et écaillé, de vieilles photos aux couleurs passées. Wabi renvoie aux notions d’espace et d’isolement tandis que sati renvoie au viellissement, à l’impermanence, à ce qui est modeste et non conventionnel. Bref, tout cela nous mène aux effets du temps et à notre ego éphémère. Dans cette recherche zen, il y a la prise de conscience de l’acceptation de ce qui est. On dit aussi que faire de l’espace dans son environnement, c’est élargir son espace intérieur pour y accueillir du nouveau.

Dans le doute, abstiens-toi

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Paroles sages de ma grand-mère, réutilisées par ma mère. Ce doute salvateur nous fait nager en pleine confusion. C’est le précieux repos qui nous interdit de choisir. Encore faut-il en être conscient. Il nous permet de conserver notre énergie au lieu de la gaspiller en futiles tergiversations. Il rend caduque toute hésitation qui menace de ruiner notre sérénité. La réponse viendra plus tard, d’elle-même. Et les affres de la fatigue décisionnelle nous seront épargnées.
Comme l’eau qui bout se transforme en vapeur dans un saut qualitatif, cette chose floue qui se promène en arrière-plan, passera au premier plan et deviendra une évidence. Avec un peu d’attention, elle s’insérera dans le fil de vos jours (ou de vos nuits) et contribuera à donner un sens à votre vie.

Couper et coudre

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Les ciseaux sont comme la pensée ou l’ego dans la définition bouddhiste. Ils coupent, cisaillent, séparent. Ils divisent. L’ego divise. Il vous sépare du tout. Malgré sa perspicacité il contribue à la souffrance humaine. Car la perspicacité n’est pas l’intelligence. Les personnes victimes de leur ego se centrent constamment sur leurs besoins individuels, sans recul, sans vision globale de la situation. Plusieurs politiciens suivent leur ego. Ils sont perspicaces et opportunistes. Ils voient à court terme. La vie de certaines personnes baigne dans un arrière-plan, souvent inconscient, de mécontentement du à une impression diffuse d’être séparé, mis à part. Il se produit une identification à cette pensée. L’hypersensibilité au rejet les caractérise. Cela demande une grande maturité émotionnelle pour interagir avec elles. La crainte du rejet les rend hostiles. À l’affut du moindre signe qui corrobore leur appréhension, elles voient le monde comme une critique négative continuelle de leur existence.
Il est naturel de satisfaire nos besoins. Aucun animal ne peut survivre sans cela. Nous devons nous occuper de notre bien-être. Sans nous isoler du reste de l’humanité.
L’intelligence serait plutôt comparable à l’aiguille et au fil qui nous permettent de coudre, de rassembler, d’unir. Elle nous incite à élargir notre conscience et à nous reconnaitre dans les autres. Ce faisant, nous devenons plus tolérants dans nos interactions avec les gens difficiles. Ils deviennent des gens en difficulté.

Voyageur et touriste

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Ce blogue n’a pas été nourri depuis quatre semaines. J’ai roulé en autobus de Montréal à Rimouski, navigué sur un cargo mixte de Rimouski à Blanc-Sablon, traversé le fleuve St-Laurent, sillonné les chemins de Terre-Neuve en automobile et pris les airs de St. John à Montréal. J’ai pris conscience que le voyage lui-même est plus important que la destination. Dorénavant, je veux vivre le temps qui passe au gré des saisons plutôt que m’enfermer dans des atteintes d’objectifs qui deviennent un carcan. Des occasions, il y en a toujours, à chaque tournant. Il s’agit d’ouvrir l’oeil.
Aujourd’hui, en allant me promener dans mon parc préféré, j’y ai rencontré un marcheur qui ouvrait l’oeil de son appareil photographique. Nous avons parlé. Il a enrichi ma réflexion en disant : «Je viens ici très souvent sans but précis et je trouve toujours quelque chose d’intéressant». Après un au revoir chaleureux, sur le chemin du retour j’ai rencontré une chevrette, son faon et un cardinal. Voulez-vous parcourir votre vie en voyageur ou en touriste ? Après tout, rien ne sert de courir car nous connaissons tous le terminus.

Achats compulsifs

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Une nécessité qui peut devenir une drogue pour certains. Je ne parle pas ici de la fois où, pertubé émotionnellement, vous avez acheté un vêtement que vous avez porté une seule fois ni de celle où le magasinage vous a servi de consolation. L’ego aime contrôler. Se procurer des objets lui donne une impression de pouvoir. Si on a une faible estime de soi, c’est une façon de retrouver la confiance perdue. Le scénario va comme suit : la personne sous une impulsion irrépressible consomme, l’achat passant avant l’utilité, elle ressent un moment d’euphorie et arrivée chez elle, elle vit de la culpabilité. Souvent, le bien est échangé, donné ou jeté. À répétition, nous pouvons parler de dépendance. À prendre à la légère ? Le chant des sirènes peut vous pourrir la vie. Sans parler des problèmes financiers qui entraineront emprunts, consolidation de dettes, sensation d’enlisement, désagréments liés à l’entreposage et à l’entretien pour ceux qui accumulent.  Nous souffrons tous, à des degrés divers, de compulsion à l’achat ou à la propriété. Des mouvements sont nés comme celui de la simplicité volontaire, s’ajoutant à ceux qui aident les familles à étabir un budget. Également, la transformation des biens matériels en virtuels, comme le livre et la photo numériques, tend à réduire l’espace d’entreposage. Cet espace libéré augmente la libeté d’action.

Balance émotionnelle

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Si on n’a pas envie d’être heureux, c’est notre droit. Nous pouvons simplement avoir envie d’être. Pour ceux que ça intéresse, après la découverte que la sérotonine est en relation avec la sensation de bonheur,  sachez que les chercheurs ont identifié une protéine responsable de cette sensation : 5HTT.  Comme on sait qu’environ 50% de notre comportement est influencé par la génétique et 15% par l’environnement il nous reste donc un beau 35% pour trouver notre propre voie. Nous pouvons donc développer notre compétence en termes de  rééquilibrage émotionnel. Les actions les plus populaires et les plus performantes pour atteindre ce but se déclinent comme suit : réduire les choix inutiles, sourire le plus souvent possible, marcher,  méditer, respirer consciemment. Tout cela devrait nous aider à savourer les plaisirs de la vie. quitidienne.

Utilité

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La semaine dernière, nous étions trois anciennes collègues d’étude à discuter de la nécessité de se sentir utile afin de donner un sens à notre vie. L’une disait que nous sommes des êtres sociaux et qu’à cause de cela c’est totalement vrai. Quant à moi, je soutenais que nous n’avions aucunement besoin de jusifier notre existence par une notion comme celle-là. La troisième comprenait les deux points de vue. Puis, la conversation a glissé vers autre chose.
J’a ieu envie de creuser cette notion. D’abord, elle existe dans l’oeil de l’autre. Avez-vous déjà rendu service à quelqu’un et appris plus tard que vous lui aviez plutôt nui ? À l’inverse, une personne avec qui vous vous sentiez presque indifférent vous apprend que vous avez orienté sa vie et qu’elle vous en est reconnaissante. Nous ne connaissons pas la véritable utilité que nous avons pour les autres. S’en préoccuper altère notre impression de liberté.  C’est une erreur de mesurer la valeur d’un être humain, ou de quoi que ce soit,  selon sa commodité. Il est difficile d’évaluer le degré de rentabilité de la poésie, de la méditation ou de l’amour. Pourtant la recherche et la découverte du sens de l’existence passe souvent par là.